
D23 2026 : Disneyland Paris renoue avec ses origines et prépare le règne du Roi Lion
16 août 2026Trente ans après la fermeture de Mirapolis, le site emblématique de Courdimanche s’apprête à connaître le plus grand chantier de loisirs jamais lancé en France depuis l’arrivée de Disneyland Paris. Ce lundi 24 août, en marge de la visite à Paris du prince héritier Mohammed ben Salmane, le président Emmanuel Macron a officialisé un partenariat inédit avec l’Arabie saoudite pour la construction de trois parcs à thème sur le sol francilien. Un montant d’investissement colossal, des milliers d’emplois annoncés, et un acteur saoudien déjà rodé aux mégaprojets de divertissement : voici tout ce qu’il faut savoir sur cette annonce qui va bouleverser le paysage des parcs d’attractions en Europe.
Une annonce présidentielle sans précédent depuis Disneyland Paris
Sur son compte X, Emmanuel Macron a qualifié l’accord d'”annonce hors normes”, évoquant “du jamais vu depuis Disneyland Paris”. Le protocole signé entre la France et l’Arabie saoudite, via Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien PIF (Public Investment Fund), prévoit la construction de trois parcs à thème sur le site de l’ancien Mirapolis, à Courdimanche, dans l’agglomération de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise).
Les chiffres avancés par l’Élysée donnent la mesure du projet : 6 milliards d’euros d’investissement et 22 000 emplois créés. Le président a également confirmé qu’un des parcs sera consacré à l’univers du manga, faisant explicitement référence à sa “passion” pour cette culture japonaise, un thème d’ores et déjà associé à la franchise Dragon Ball dans les informations qui circulaient depuis fin juillet. L’Élysée présente ce partenariat comme la concrétisation de la stratégie “Choose France”, destinée à attirer sur le territoire national les investissements étrangers les plus ambitieux.

Le site de Mirapolis, une friche de trente ans qui retrouve enfin un avenir
Le choix du site n’a rien d’anodin pour les passionnés de parcs d’attractions. Ouvert en 1987, Mirapolis fut le premier grand parc à thème français, doté à son inauguration de 29 attractions et spectacles, avant d’en compter une soixantaine à la fin de son exploitation. Plombé par une fréquentation insuffisante et une gestion financière chaotique, le parc a fermé définitivement en octobre 1991 après seulement cinq saisons d’exploitation. Ses attractions ont été démontées et revendues à d’autres établissements, tandis que les derniers bâtiments étaient rasés en 1993, laissant le terrain retourner à l’état de friche pendant plus de trente ans.
Depuis, plusieurs projets de reconversion avaient été évoqués sans jamais aboutir, notamment un complexe hôtelier sur une partie du terrain. C’est finalement un investisseur venu du Golfe qui aura permis de sortir ce foncier stratégique d’Île-de-France de sa léthargie.
Qiddiya Investment, l’architecte saoudien déjà rodé aux méga-parcs
Pour comprendre l’ampleur du projet francilien, il faut regarder ce que Qiddiya Investment Company a déjà accompli en Arabie saoudite. La filiale du PIF développe, à une trentaine de kilomètres de Riyad, la mégacité du divertissement de Qiddiya City, dont l’objectif affiché est d’attirer 17 millions de visiteurs.
Deux réalisations illustrent le savoir-faire de l’investisseur :
- Six Flags Qiddiya City, premier parc du géant américain Six Flags hors Amérique du Nord, ouvert le 31 décembre 2025. Il compte 28 attractions réparties en six zones thématiques (City of Thrills, Discovery Springs, Steam Town, Twilight Gardens, Valley of Fortune, Grand Exposition) et détient plusieurs records mondiaux, à commencer par Falcon’s Flight, signé Intamin, la montagne russe la plus haute (163 mètres), la plus rapide (250 km/h) et la plus longue (4,2 km) du monde.
- Un parc à thème Dragon Ball, unique au monde, développé en partenariat avec le studio japonais Toei Animation. Annoncé en mars 2024, ce parc de 500 000 m² s’articule autour de sept zones inspirées de la saga, avec des lieux emblématiques comme le Kame House, la Capsule Corporation ou la planète de Beerus. Son attraction phare fera passer les visiteurs à travers un Shenron monumental de 70 mètres de haut abritant des montagnes russes, parmi plus de 30 attractions au total et des hôtels thématisés.
Cette expertise dans la création d’univers immersifs à très grande échelle explique en partie pourquoi la France a choisi de s’associer à cet investisseur pour donner une nouvelle vie au site de Mirapolis.

Cergy-Pontoise, entre enthousiasme et vigilance des élus locaux
Du côté des collectivités, l’annonce a été accueillie avec un enthousiasme prudent. Dans une déclaration publiée le 24 août, Jean-Paul Jeandon, président de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, s’est félicité de “la déclaration d’intention du Gouvernement et de Qiddiya Investment relative à un projet d’ampleur qui pourrait s’implanter sur le site de l’ancien parc Mirapolis”. Il rappelle que ce site, laissé en friche depuis plus de trente ans, constitue “un foncier stratégique pour l’Île-de-France” et qu’il a été retenu au terme d’un “processus de sélection exigeant”.
L’élu met en avant les retombées attendues pour le territoire, dans un département particulièrement jeune où 16 000 jeunes entrent chaque année sur le marché du travail. Il pose toutefois une condition claire : “Que ce projet se construise avec ses habitants et ses élus, et qu’il leur bénéficie directement.” L’Agglomération annonce qu’elle sera vigilante sur plusieurs points sensibles, notamment l’accessibilité du site par la route, les transports en commun et le RER A, ainsi que la qualité environnementale et sociale du projet. Elle insiste enfin sur la nécessité d’une “coconstruction étroite entre l’investisseur, l’État, les collectivités et les habitants” pour garantir la réussite de l’opération.

Ce qui reste à préciser avant l’ouverture
Si l’ampleur financière et l’ambition du projet sont désormais actées, de nombreuses zones d’ombre persistent. Ni le calendrier de construction, ni les thématiques définitives des trois parcs, ni leur date d’ouverture n’ont été communiqués par l’Élysée ou par Qiddiya à ce stade. Les rumeurs évoquées depuis fin juillet, dont Parcs Passion avait déjà fait état, pointaient vers un projet centré sur l’univers Dragon Ball pour l’un des trois parcs, en écho direct au parc saoudien déjà en construction.
Ce projet marque en tout cas un tournant pour l’industrie des loisirs en France, plus de trente ans après l’arrivée de Disneyland Paris. Avec un investissement de 6 milliards d’euros et l’ambition affichée de créer “une nouvelle destination mondiale” aux portes de Paris, Cergy-Pontoise s’apprête à devenir l’un des dossiers les plus suivis du secteur pour les mois à venir. Parcs Passion continuera de couvrir chaque étape de cette aventure, de la validation définitive du protocole d’accord aux premières annonces d’attractions, en passant par le calendrier des travaux sur le site historique de Mirapolis.




