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1 août 2026Une information qui a de quoi faire vibrer les fans de manga et les passionnés de parcs d’attractions : l’Élysée négocierait actuellement un investissement saoudien colossal pour ressusciter le mythique site de Mirapolis, dans le Val-d’Oise, sous la forme d’un parc thématique dédié à Dragon Ball.
Une révélation signée Politico
C’est le média européen Politico qui a révélé l’affaire en premier, affirmant que l’Élysée serait en passe de conclure un accord d’investissement massif avec l’Arabie saoudite aux portes de Paris. Selon Politico, trois personnes informées des négociations évoquent un parc Dragon Ball, de dimension plus modeste que les infrastructures saoudiennes, qui prendrait place sur le site abandonné de Mirapolis, à Courdimanche près de Cergy-Pontoise. Le montant précis de l’investissement n’est pas encore connu, mais il devrait s’élever à plusieurs milliards d’euros selon les informations obtenues par Politico. Le quotidien Le Parisien a confirmé cette information, précisant que les négociations sont pilotées directement par l’Élysée dans une confidentialité stricte, trente-cinq ans après la faillite du premier parc. D’après plusieurs relais médiatiques, l’annonce officielle du projet pourrait coïncider avec une future visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane en France.

Mirapolis, le fantôme des parcs français
Avant de rêver d’un futur Dragon Ball, le site de Courdimanche a connu une histoire riche en rebondissements qui résonne aujourd’hui comme un avertissement. Mirapolis ouvre ses portes le 20 mai 1987, inauguré en grande pompe par le Premier ministre Jacques Chirac, sur un terrain de près de 50 hectares dominé par une statue de 30 mètres du géant Gargantua, visible depuis l’autoroute A15. Pensé comme le “Disneyland à la française” avec pour thème les contes et légendes populaires, le parc espérait attirer entre 2 et 2,5 millions de visiteurs par an.
La réalité fut cruelle : dès le premier jour, des incidents éclatent, et la fréquentation ne dépassera jamais les 600 000 visiteurs annuels, loin des objectifs fixés. Une gestion chaotique, des choix artistiques contestés et des conflits internes précipitent le parc vers la faillite, déclarée en janvier 1990. Malgré une reprise par les forains menés par Marcel Campion, le dernier repreneur, le Crédit National, ferme définitivement les portes le 20 octobre 1991, quelques semaines avant l’ouverture d’Eurodisney. Les attractions furent démontées et revendues, notamment vers l’Allemagne au Spreepark et à Europa Park, laissant derrière elles un terrain vague qui n’a jamais retrouvé de vocation d’envergure depuis.

Qiddiya, le modèle Saoudien qui inspire le projet
Le projet parisien s’inspirerait directement de Qiddiya, le mégaprojet de divertissement, de sport et de culture situé à environ 45 kilomètres de Riyad et porté par Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien PIF. Lancé en 2018 dans le cadre de la stratégie Vision 2030 visant à diversifier l’économie du royaume, Qiddiya ambitionne de devenir un hub mondial du divertissement s’étendant sur 330 kilomètres carrés, avec un objectif de 17 millions de visiteurs annuels pour rivaliser avec Orlando.
Le premier fleuron de ce complexe, Six Flags Qiddiya City, a officiellement ouvert ses portes le 31 décembre 2025. Construit par Bouygues Construction pour un coût avoisinant le milliard de dollars, ce parc de 32 hectares réunit 28 attractions répandues sur six zones thématiques, dont la spectaculaire Falcon’s Flight, le coaster le plus long, le plus haut et le plus rapide au monde avec ses 250 km/h et son plongeon de 160 mètres.
Mais l’attraction la plus attendue reste ailleurs : en mars 2024, Qiddiya Investment Company a annoncé, en partenariat avec Toei Animation, la construction du seul parc à thème Dragon Ball au monde. Ce parc s’étendra sur plus de 500 000 mètres carrés répartis en sept zones recréant des lieux emblématiques de la série comme Kame House ou la Capsule Corporation, et comptera plus de trente attractions ainsi qu’un Shenron géant de 70 mètres de haut renfermant des montagnes russes. C’est donc cette même entité saoudienne, déjà rodée à la conception de parcs à thème d’envergure mondiale, qui serait à la manœuvre pour le projet français, avec une version plus modeste envisagée pour le Val-d’Oise.
Enjeux économiques et diplomatiques d’un pari risqué
Sur le plan économique, un tel investissement représenterait une opportunité majeure pour le Val-d’Oise, territoire marqué depuis plus de trente ans par l’échec cuisant de Mirapolis et la concurrence directe de Disneyland Paris. La création d’emplois locaux, le développement touristique et la revalorisation d’un terrain laissé en friche depuis des décennies constituent des arguments de poids pour les collectivités concernées.
Sur le plan diplomatique, ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite, dans un contexte où le royaume multiplie les investissements internationaux pour diversifier son économie post-pétrolière. Le pilotage direct des négociations par l’Élysée, dans une confidentialité assumée, souligne l’importance politique accordée à ce dossier, susceptible d’être officialisé lors d’une visite du prince héritier saoudien. Reste que l’histoire tumultueuse de Mirapolis, symbole d’un gigantisme mal maîtrisé, invite à la prudence quant à la viabilité économique d’un nouveau parc sur ce même emplacement.


Vers une nouvelle ère pour les parcs français ?
Si les rumeurs se confirment, ce projet marquerait un tournant spectaculaire pour le paysage des parcs à thème en France, ramenant l’univers de Dragon Ball aux portes de Paris trente-cinq ans après l’échec de Mirapolis. Entre ambition diplomatique, pari économique et nostalgie d’un site chargé d’histoire, l’avenir de ce dossier dépendra désormais de la concrétisation d’un accord dont les contours précis restent, pour l’instant, entourés du plus grand secret.
Retrouver notre article sur l’annonce de la création d’un parc sur la licence Dragon Ball Z à Qiddiya City.




