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15 septembre 2025Dans cet entretien exclusif réalisé en juillet 2025, Romain Seigneuret revient sur son parcours professionnel, son attachement au parc Walygator Grand Est, les défis rencontrés, les projets en cours et sa vision pour l’avenir du parc. Une plongée passionnante dans les coulisses d’un parc en pleine transformation.
Alors première question Romain, pourriez-vous nous parler brièvement de votre parcours professionnel ?
L’aventure commence en 2006, lorsque j’ai intégré le parc en tant que saisonnier, à la fin de l’ère Walibi-Lorraine. L’année suivante, j’ai poursuivi mon parcours aux côtés des frères Le Douarin, ce qui m’a permis d’intégrer le service comptabilité.
J’ai eu la chance d’être accompagné par Christian Helmer, alors responsable financier, qui m’a véritablement initié au métier. Grâce à sa confiance et à celle des frères Le Douarin, j’ai évolué jusqu’en 2012, année marquée par le redressement judiciaire et le rachat du parc par Jacqueline.
À ce moment-là, j’ai exprimé mon souhait de rester dans la comptabilité tout en explorant un poste plus opérationnel. Jacqueline Lejeune m’a donné cette opportunité, et j’ai commencé à encadrer les opérateurs attraction, puis progressivement à gérer les postes sanitaires et autres fonctions opérationnelles.
Cette période a été très enrichissante jusqu’à la revente du parc. Par la suite, j’ai travaillé avec le groupe Aspro, d’abord sous la direction de Walter Synold, puis de Materne Heiligenstein. J’étais alors revenu à la comptabilité, mais Materne m’a proposé de reprendre un rôle opérationnel, ce que j’ai accepté avec enthousiasme.
Nous avons collaboré étroitement pendant trois années, jusqu’à son départ en novembre 2019, suivi de mon propre départ en février 2020. Nos trajectoires se sont croisées, et nous avons laissé Walygator poursuivre son chemin.

Durant les quatre années suivantes, j’ai rejoint Pokeyland, un parc multi-activités situé à Fey, à une trentaine de minutes d’ici. Cette expérience m’a permis de découvrir les possibilités offertes par une structure plus modeste, avec des investissements ciblés et une équipe technique remarquable.
Ensuite, j’ai participé à l’ouverture du dernier Center Parcs dans le sud-ouest, au sein du groupe Pierre et Vacances. Ce fut une immersion dans une organisation de grande envergure, avec une forte composante hôtelière, où j’ai occupé un poste opérationnel très stimulant.
Finalement, après le départ de Laurent Muller, Wilfrid Lelandais m’a contacté pour me proposer le poste de directeur. Malgré une autre opportunité professionnelle, j’ai choisi de revenir à Walygator. J’ai constaté les investissements réalisés par Aspro pendant mon absence, notamment en matière de thématisation avec Main Street et la zone Far West.
Avant de confirmer mon retour, j’ai échangé avec Wilfrid afin de m’assurer que ce retour s’inscrirait dans une dynamique ambitieuse. Mon objectif est clair : contribuer activement au développement du parc et lui donner une nouvelle impulsion.
Voilà en résumé mon parcours professionnel, étroitement lié à Walygator depuis près de vingt ans.
Qu’est-ce qui vous a motivé à accepter ce poste à Walygator après une première phase de sélection qui ne vous a pas été favorable au départ de Materne ?
Cette décision a été précédée d’un échange constructif avec Wilfrid qui m’a encouragé à enrichir mon parcours professionnel en explorant d’autres horizons. J’ai suivi ce conseil rapidement, ce qui m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences. Mon retour s’est fait naturellement, dans un climat de confiance et de respect mutuel. Wilfrid et moi étions restés en contact, ce qui a facilité la reprise de notre collaboration.
Cette relation, entretenue malgré mon absence de quatre années, a permis de relancer efficacement le projet de dynamisation des équipes à Metz. À mon arrivée, les équipes semblaient éprouvées et en manque de motivation. Mais avec l’arrivée de Sylvain Chatain, nommé directeur de la division parcs mécaniques d’Aspro pour la France, nous avons constaté que les équipes étaient en réalité prêtes à se mobiliser.


Dès janvier 2024, nous avons pu insuffler une nouvelle dynamique et relancer les opérations avec enthousiasme. La saison écoulée a été particulièrement riche : les équipes ont réalisé de nombreuses améliorations en cours d’année, ce qui était peu fréquent auparavant.
Traditionnellement, la saison s’étend d’avril à novembre, mais l’année dernière, les travaux ont continué jusqu’en juillet, profitant des jours de fermeture en semaine. Cela nous a permis d’optimiser les infrastructures et d’améliorer l’expérience visiteurs. Nous avons poursuivi ces efforts durant l’hiver, et encore récemment, avec une volonté constante d’évolution. L’équipe actuelle est solide et stable. Les responsables techniques, restauration, comptabilité et opérations sont restés en poste, assurant une continuité précieuse. Cette stabilité est un atout majeur pour le parc.
Mon retour est motivé par l’envie de contribuer à nouveau à une structure qui m’a accompagné pendant quatorze années. Je connais les besoins du parc et les capacités du groupe Aspro. Mon objectif est de les mobiliser pour poursuivre le développement du parc, tant sur le plan opérationnel que financier.

Après plusieurs années marquées par des investissements de l’ordre du million chaque année par le groupe Aspro, peut-on envisager sereinement l’avenir du parc Walygator notamment en comparaison des investissements qui avaient été faits sur le parc Oakwood Park en Angleterre ?
Je préfère ne pas trop m’exprimer sur le cas d’Oakwood, car nous ne disposons pas d’informations officielles ou suffisamment précises sur les raisons de sa fermeture, malgré les investissements qui y ont été réalisés.
En ce qui concerne Walygator Grand Est, je suis en revanche très serein. Bien que certaines rumeurs circulent sur les réseaux sociaux — évoquant une éventuelle fermeture ou un changement de propriétaire — les faits sont clairs : le parc génère des bénéfices croissants depuis trois ans.
Le groupe Aspro poursuit ses investissements. Hormis une année 2023 compliquée en raison d’une météo défavorable, la fréquentation est repartie à la hausse en 2024, et les premiers chiffres de cette saison sont également très encourageants.
Sur le plan financier, le parc est sain : nous n’avons aucune dette. Tous les indicateurs sont au vert pour Walygator Grand Est, et cela nous permet d’envisager l’avenir avec confiance.

Depuis plusieurs années que le groupe Aspro a pris les rênes du parc, en termes de nouveautés mécaniques, attractions, on a eu seulement le retour des chevaux galopants qui étaient en backstage.
Qu’en est-il de l’avenir ?
Est-ce qu’il y a des projets concrets plutôt que d’avoir que de la thématisation qui n’est pas forcément satisfaisant aux yeux des visiteurs ?
Il est vrai que certains passionnés du parc expriment leur déception quant au manque de nouveautés majeures ces dernières années. Toutefois, du point de vue des visiteurs, les retours sont globalement positifs : ils continuent de venir et de revenir, ce qui témoigne de leur attachement au parc.
Cela dit, nous sommes pleinement conscients qu’un renouveau est nécessaire, notamment en matière d’attractions. Avec Sylvain, nous travaillons activement sur plusieurs projets pour les années à venir. Les perspectives se dessinent principalement pour 2027, même si rien n’est encore officiellement acté. Ce qui est certain, c’est que les discussions avancent dans le bon sens.
Il ne faut pas oublier que Walygator est un parc au parcours mouvementé, avec de nombreux changements de propriétaires et de directions. Chaque nouvelle équipe repart presque de zéro, ce qui rend la continuité difficile. Nous héritons aussi d’un passif important : des bâtiments et décors laissés à l’abandon, qui nécessitent une remise à niveau.
Je comprends parfaitement la stratégie du groupe Aspro, qui a souhaité dans un premier temps remettre le parc en état sur le plan visuel avant d’investir dans de nouvelles attractions. Aujourd’hui, nous poursuivons ce travail d’amélioration, notamment sur la propreté et l’apparence générale du site.
Mais nous sommes à l’aube d’une nouvelle phase. Avec Sylvain, nous nous battons pour faire avancer les projets, et même si je ne peux pas encore tout dévoiler, je peux dire que les choses évoluent dans la bonne direction

En 2020, il y a eu un gros projet qui avait été communiqué sur une zone indoor dans la zone Caraïbes.
Qu’en est-il de ce projet ?
Est-ce qu’il est avorté ou est-ce qu’on peut avoir un espoir qu’il voit le jour ?
Le projet indoor porté par Materne reste une perspective intéressante. Étant donné le lien fort qui nous unit, je serais ravi de le remettre sur la table et de le défendre. Bien entendu, ce projet devra être adapté aux évolutions du parc et aux attentes actuelles, mais il représente une opportunité stratégique : il permettrait d’élargir notre offre et d’envisager une ouverture sur des périodes plus longues, comme cela avait été envisagé à l’époque.
Ce projet n’a pas été abandonné. Il est toujours présent dans nos réflexions, prêt à être réactivé lorsque les conditions seront réunies.


Depuis l’arrivée du Monster en 2010, aucune montagne russe n’a été ajoutée au parc. Pourtant, on observe que même les plus petits parcs régionaux bénéficient aujourd’hui d’investissements importants dans ce domaine, souvent soutenus par des aides européennes couvrant jusqu’à 20 % des coûts.
Chez Walygator Grand Est, nous avons une offre déjà solide en matière de sensations fortes : Monster, Anaconda, Comet, Space Shoot, G-Lock, Carabine Boat… Ces attractions nous positionnent favorablement par rapport à la concurrence nationale.
C’est pourquoi, pour l’instant, nous privilégions le développement d’une attraction familiale. Le parc n’a pas encore atteint les 300 000 visiteurs annuels — un objectif que nous visons à moyen terme. Une fois ce cap franchi, nous pourrons envisager des investissements plus ambitieux, mais à ce stade, l’ajout d’un nouveau coaster ne serait pas pertinent.
Quelle est votre stratégie sur ce sujet ?
Est-ce que les attractions vont être remplacées à l’identique ? Est-ce qu’elles vont être rénovées ? Ou est-ce qu’on peut espérer avoir de nouvelles attractions pour avoir un petit peu de nouveautés au sein du parc ?
La stratégie de renouvellement des attractions repose sur trois axes, selon leur état : certaines seront remplacées par des modèles neufs, d’autres bénéficieront d’une rénovation complète, et certaines pourront être reconditionnées pour prolonger leur durée de vie. C’est ce que nous avons déjà mis en œuvre avec Krinoline, devenue le Pavillon dansant, ou encore avec l’Anaconda, qui a reçu un nouveau train.
Ces deux approches — remplacement et rénovation — sont menées en parallèle. À moyen terme, d’ici 2030, il est certain que plusieurs manèges feront l’objet d’un “recyclage”, si l’on peut dire, afin de garantir une offre toujours attractive et sécurisée.
Sur le plan environnemental, le parc s’inscrit également dans une démarche de progrès. Sous la direction de Materne, des panneaux photovoltaïques ont été installés sur le parking, marquant une première étape vers une gestion plus durable de nos infrastructures.







Est-ce qu’il va y avoir des évolutions ou d’autres projets sont en cours à ce sujet-là ?
L’une des prochaines étapes concrètes de notre engagement environnemental concerne la mise en place du tri sélectif. À ce jour, il n’existe pas encore de poubelles de tri dans le parc, mais nous travaillons activement sur ce sujet depuis plus de six mois. Le projet a été initié sur le site d’Aqualand Gujan-Mestras, et il est prévu qu’il soit déployé prochainement à Walygator Grand Est ainsi qu’à Walygator Sud-Ouest.
Le tri des déchets est souvent perçu comme une charge supplémentaire, mais en réalité, ce n’est pas nécessairement plus coûteux. C’est surtout une question de responsabilité environnementale, et nous sommes convaincus de la nécessité d’avancer dans cette direction.
Par ailleurs, un projet d’extension des installations photovoltaïques est actuellement à l’étude. Il est entre les mains des autorités administratives depuis plusieurs mois, et bien qu’il n’ait pas encore progressé, nous restons confiants quant à sa concrétisation prochaine.

Ces derniers mois, nous avons vu plusieurs vidéos de youtubeurs spécialisées dans les parcs d’attractions, qui ont exprimé des critiques très vives à l’écart du parc et de sa direction actuelle.
Qu’en pensez-vous ?
Concernant ces Youtubeurs, je ne préfère ne pas trop commenter car je ne les connais pas personnellement et je n’ai pas trouvé l’ensemble de leurs propos particulièrement pertinents. Je n’ai aucun problème avec la critique, à condition qu’elle soit constructive et formulée de manière intelligente. Malheureusement, certaines vidéos publiées nuisent davantage à l’image du parc qu’elles ne contribuent à son amélioration.
C’est le message que je transmets également à notre communauté de fans : mon bureau est toujours ouvert, mes coordonnées sont accessibles, et je suis disponible pour échanger. Si quelque chose ne va pas, parlons-en. Les critiques virulentes sur les réseaux sociaux ne font pas avancer les choses. C’est une tendance actuelle, dans notre secteur comme ailleurs, mais ce n’est pas en attaquant frontalement que l’on fera évoluer le groupe Aspro.
Notre président, à mon avis, reste assez indifférent à ce type de contenu. En revanche, ce sont les équipes qui en subissent les conséquences. Cela peut m’affecter, bien que je le prenne avec recul, mais c’est surtout l’avenir du parc qui peut en pâtir. Dire que le parc est “fantôme” ne contribue en rien à sa relance.
Je pense que vous avez pu constater, en visitant le parc, que nous avançons dans la bonne direction. Les améliorations sont visibles dans toutes les zones, et ce travail va se poursuivre. Rome ne s’est pas construit en un jour, et il nous reste encore quelques années de travail pour atteindre nos objectifs.


Mon objectif est d’atteindre les 300 000 visiteurs payants. C’est notre prochaine étape, et nous sommes sur la bonne voie. Le groupe doit continuer à investir, notamment dans des nouveautés, pour franchir de nouveaux caps. Cela demande de la patience, et je comprends que ce ne soit pas toujours évident pour les fans, surtout ceux qui ont exprimé leur frustration l’an dernier.
Le parc a été mis en vente à la fin de l’ère Jacqueline. Ceux qui pensaient pouvoir en faire quelque chose avaient l’opportunité de se positionner. Finalement, c’est M. Smith qui l’a racheté. C’est son choix, c’est son projet. De notre côté, nous faisons tout pour aller dans le bon sens : mes prédécesseurs, l’ensemble des équipes et moi-même.
Pour parler des différentes saisons d’ouverture du parc, il y a une saison qui marche très bien actuellement, c’est la saison d’Halloween, aussi bien chez vous que chez vos concurrents.
Qu’en est-il pour la saison 2025 ?
Pour la saison 2025, nous allons poursuivre le développement de la partie animation, qui a rencontré un franc succès l’année dernière, notamment avec les spectacles en fin de journée. Cette année, nous souhaitons repenser l’animation en journée : plutôt que des déambulations permanentes, nous allons privilégier des pôles fixes avec des animations programmées à des horaires précis. Cela permettra une meilleure organisation tout en conservant une ambiance vivante dans le parc.
Nous allons également retravailler les mazes introduits ces deux dernières années, en particulier celui de l’usine, en y intégrant davantage d’acteurs. Les retours du public ont souligné quelques zones manquant d’animation humaine, et nous avons déjà identifié les points à améliorer.
À plus long terme, nous continuerons à enrichir cette offre avec de nouveaux mazes, afin de renforcer l’attractivité de la saison d’Halloween, qui est devenue un moment fort de notre calendrier.
Côté nouveautés, la saison 2025 a déjà vu l’arrivée de cinq nouvelles bouées pour le rafting et l’ouverture du nouveau train de l’Anaconda. D’autres projets sont en cours, comme l’installation d’un convoyeur sur le Raft et la thématisation complète de The Monster.


Qu’en est-il de ces deux sujets-là qui ne sont pas encore aboutis au mois de juillet ?
La thématisation de The Monster a déjà commencé, notamment avec l’aménagement de la zone de pré-show et de l’entrée de la file d’attente. La prochaine étape, prévue pour l’hiver, consistera à transformer entièrement la gare de l’attraction, avec une thématisation intérieure complète. L’objectif est une mise en service pour l’ouverture de la saison 2026.
Concernant le convoyeur du Rafting, le projet a été légèrement décalé. Le prestataire sélectionné ne pouvait intervenir avant septembre, ce qui nous a contraints à reporter l’installation à l’année prochaine. Ce report nous permet également d’intégrer l’arrivée de nouvelles bouées, qui viendront enrichir l’expérience des visiteurs.



Pour conclure cette interview, est-ce que vous avez une exclusivité à donner à nos fans pour un avenir proche du parc Walygator ?
Mon retour au sein du parc s’inscrit dans une volonté affirmée : atteindre le cap des 300 000 visiteurs annuels. Pour cela, il est évident qu’il faudra proposer de la nouveauté. Et je peux l’affirmer : il y en aura. En revanche, je ne peux pas encore préciser quand exactement.
Avec Sylvain, nous travaillons activement sur plusieurs projets. Les discussions sont bien avancées, et l’objectif est de pouvoir proposer une nouvelle attraction d’ici deux ans. Cela n’empêchera pas la poursuite des autres chantiers déjà évoqués, comme le convoyeur du Rafting, la thématisation de The Monster, ou encore les améliorations sur des zones existantes comme l’Île aux Pirates et la zone 1900.
Nous avons également identifié de nombreuses petites interventions à mener sur le visuel des bâtiments et l’ambiance générale du parc. Ce sont des détails qui comptent pour l’expérience globale des visiteurs.
Je tiens cependant à rester prudent dans mes annonces. Je ne souhaite pas reproduire certaines erreurs du passé, comme le projet de zone indoor porté par Materne, qui avait été annoncé mais n’a jamais vu le jour. Ce genre de situation peut générer de la frustration, et je préfère ne rien promettre tant que les projets ne sont pas officiellement validés.
Cela dit, j’ai bon espoir. Et généralement, quand je dis cela, c’est que les choses sont en bonne voie
Un très grand merci à Mathieu C. et Coralie G. pour la réalisation de cette interview exclusive pour Parcs Passion.






1 Comment
Il manque tout de même une question très importante, les pré-groupage pour les montagnes russes sont-ils enfin prévu par le parc ?