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23 novembre 2025L’édition 2024 du classement TEA (Themed Entertainment Association) Global Experience Index vient de lever le voile sur une industrie des parcs d’attractions en mutation constante. Avec 246 millions de visiteurs accueillis par les 25 premiers parcs mondiaux, soit une croissance de 2,4%, le secteur continue de séduire des millions de touristes chaque année. Mais au-delà des chiffres qui font rêver, c’est une nouvelle réalité qui s’impose : la consolidation des géants face à une concurrence régionale sans précédent, particulièrement visible en France et en Europe.
La domination Disney écrase la concurrence mondiale
La suprématie de Disney demeure incontestable avec 145 millions de visiteurs générés par ses parcs à travers le globe. Aux États-Unis, le Magic Kingdom de Walt Disney World conserve sa place de leader incontesté avec 17,8 millions de visiteurs, suivi de près par Disneyland Park en Californie avec 17,3 millions de visiteurs. En Europe, Disneyland Paris règne sans partage avec 10,2 millions de visiteurs accueillis en 2024, consolidant ainsi sa position de parc le plus visité du continent.
Cependant, l’industrie observe des signes d’essoufflement pour certains acteurs. Universal, le géant américain, a connu son premier repli significatif avec une baisse de 0,7% de sa fréquentation. « Le marché nord-américain se stabilise après le boom post-pandémie », explique Melissa Oviedo, PDG de la TEA. Cette stabilisation force les parcs à repenser leurs stratégies tarifaires et expérientielles.

La France brille mais se réinvente
La France reste une destination majeure avec cinq parcs positionnés dans le top mondial. Disneyland Paris maintient son statut de leader incontesté, mais c’est le Parc Astérix qui capture davantage l’attention avec sa trajectoire spectaculaire. Le deuxième parc français a réalisé un véritable exploit en établissant un nouveau record de fréquentation en 2025 avec 2,9 millions de visiteurs, concrétisant une croissance remarquable de 60% en seulement dix ans.
« Ce cap des 65 millions de visiteurs est une immense fierté pour toutes nos équipes. Il incarne la fidélité de notre public à l’univers d’Astérix de génération en génération », déclarait Delphine Pons, Directrice Générale du Parc Astérix, lors du franchissement du 65 millionième visiteur du parc. Cette dynamique positive s’explique par une politique d’investissement soutenue et une thématisation sans égale.
Le Parc Astérix vient d’ailleurs de franchir un cap décisif en annonçant le plus ambitieux programme d’investissement de son histoire : 250 millions d’euros alloués jusqu’en 2030. « C’est une révolution que va connaître le Parc Astérix », affirme Dominique Thillaud, directeur général de la Compagnie des Alpes. Ce plan stratégique vise à augmenter la capacité d’accueil de 20%, créer 900 emplois supplémentaires et, surtout, permettre une ouverture jusqu’à 270 jours par an contre 208 actuellement grâce à des attractions couvertes.
Le succès du Parc Astérix s’incarne particulièrement lors de la saison Peur sur le Parc 2025, qui a enregistré une fréquentation record, confirmant l’intérêt des visiteurs pour les événements saisonniers à forte valeur expérientielle (presque un demi-million de visiteurs).
Le Parc Astérix dévoile son plan d’investissement historique : 250 millions d’euros pour conquérir le top 5 européen


L’émergence des champions régionaux
Au-delà de Paris, la France accueille une série de parcs régionaux qui surpassent les attentes. Nigloland, le plus ancien parc familial français, a surpris en 2025 en accueillant 710 000 visiteurs. Certes, ce chiffre représente une légère baisse de 5% par rapport à 2024 mais consolide tout de même la position du parc de l’Aube au rang de cinquième destination française.
« Nous avons misé sur la réhabilitation d’infrastructures existantes et sur l’attraction Krampus Expedition pour maintenir notre attractivité », explique la direction de Nigloland. Cette stratégie de rénovation plutôt que de création massive semble porter ses fruits, puisque le parc affiche un taux de satisfaction en hausse parmi ses visiteurs.
Le PAL en Auvergne enregistre lui aussi des résultats encourageants avec 700 000 visiteurs, tandis que Walibi Rhône-Alpes poursuit sa lancée avec 667 000 visiteurs en 2024.

Le paradoxe Walygator : moins de visiteurs, mais plus de rentabilité
Le parc Walygator à Maizières-lès-Metz illustre une tendance contre-intuitive du secteur. Avec 235 000 visiteurs accueillis en 2025, le parc enregistre une baisse de 15% comparée à 2024. Cependant, pour la quatrième année consécutive, le parc demeure bénéficiaire avec un chiffre d’affaires en hausse.
Romain Seigneuret, directeur du site depuis 2024, explique que « les efforts de l’équipe portent leurs fruits avec une progression notoire de la note de satisfaction des clients ». Cette réalité révèle une mutation profonde du secteur : les parcs d’attractions privilégient désormais la rentabilité au volume, en optimisant les prix et l’expérience client plutôt qu’en tentant d’accroître mécaniquement les entrées.
« Notre volonté, c’est d’arriver à 350, 400, 500 000 entrées par an », assure Romain Seigneuret, qui vise à retrouver la fréquentation observée il y a quinze ans. Pour y parvenir, Walygator compte sur l’inauguration d’un nouveau coaster familial prévu pour 2026 ou 2027.

Voir notre entretien avec Romain Seigneuret – Directeur de Walygator Grand Est
La percée spectaculaire d’Energylandia : l’émergence d’un géant européen
L’une des histoires les plus captivantes du classement TEA 2024 est sans doute la montée en puissance fulgurante d’Energylandia en Pologne. Avec 2,050 millions de visiteurs accueillis en 2024, ce géant polonais enregistre une progression foudroyante de +28,1% par rapport à 2023 (1,600 million), passant ainsi de 1,6 à 2,05 millions de visiteurs. Cette accélération spectaculaire s’est hissée au 15e rang des parcs européens les plus visités, consolidant sa position parmi les destinations majeures du continent et démontrant que la croissance reste possible pour les parcs innovants et bien investis.
Depuis sa fondation en 2014, Energylandia a connu une expansion phénoménale marquée par des investissements colossaux et une stratégie d’attractions de classe mondiale. Le parc, qui s’étend désormais sur 74 hectares, propose 133 attractions réparties dans sept zones thématiques, dont un parc aquatique intégré.
Le cœur de cette percée repose sur des attractions records qui ont positionné Energylandia comme un incontournable pour les amateurs de sensations fortes. Zadra, inauguré en 2019, détient le titre de plus haute montagne russe hybride au monde avec ses 63 mètres, atteint une vitesse de 121 km/h et offre trois inversions spectaculaires. Hyperion, cet impressionnant méga coaster Intamin ouvert en 2018, culmine à 77 mètres avec une première descente à 85° et une vitesse vertigineuse de 142 km/h, le plaçant parmi les plus hautes attractions d’Europe.

Ces créations aurifères ont valu à Energylandia une reconnaissance internationale remarquable. À la cérémonie des Worldofparks Awards 2020, le parc a raflé deux prix majeurs : Zadra a été couronnée meilleure montagne russe d’Europe, tandis qu’Hyperion a remporté la deuxième place dans cette même catégorie prestigieuse.
« Les investissements massifs d’Energylandia parlent d’eux-mêmes. Chaque année, une attraction de classe mondiale ouvre ses portes, attirant des passionnés de coasters du monde entier », note Maxime Guény, spécialiste du secteur. Cette approche agressive d’innovation constante transforme Energylandia en destination incontournable pour une nouvelle génération d’amateurs de parc d’attractions.
L’expansion continue du parc reflète une confiance inébranlable dans l’avenir du secteur. Après l’ouverture de la zone Aqualantis en 2021 et de Sweet Valley en 2022, les zones Bajkolandia et les extensions successives témoignent d’une stratégie clairement offensive. Avec des tarifs d’entrée beaucoup plus abordables qu’en France (aux alentours de 33 euros pour une journée, comparé à plus du double chez Disneyland ou le Parc Astérix), Energylandia offre un rapport qualité-prix qui séduit de plus en plus les familles européennes cherchant une alternative aux géants français.
L’Europe consolide sa position face à la concurrence
En Europe, le TEA 2024 confirme l’hégémonie d’une triade de géants aux côtés de Disneyland Paris : Europa-Park en Allemagne continue d’impressionner avec 6,2 millions de visiteurs, profitant d’une hausse spectaculaire de 11,1% en 2023. Efteling aux Pays-Bas accueille 5,6 millions de visiteurs et consolide sa réputation de parc féerique par excellence.
« La concurrence de l’étranger pèse davantage sur nos parcs français », note Maxime Guény, spécialiste du secteur. « Nos visiteurs traversent régulièrement les frontières pour découvrir des parcs comme Europa-Park ou même des destinations internationales comme Orlando en Floride. »
Cette dynamique compétitive force les parcs à différencier leurs offres par une thématisation accrue, des expériences immersives et une qualité de service irréprochable.


Les secrets d’une fréquentation résiliente en 2025
Malgré une conjoncture économique fragilisée et une hausse généralisée des prix d’entrée, les parcs français connaissent une saison 2025 jugée prometteuse par le Snelac, le syndicat du secteur.
« Les visiteurs acceptent davantage de payer si la qualité d’expérience est au rendez-vous : une immersion poussée, des décors soignés, un personnel attentionné et des sensations garanties », explique Maxime Guény. Les parcs innovent également en proposant des offres tarifaires flexibles, des réductions en ligne, des billets datés et des pass annuels rapidement rentabilisés.
La tarification dynamique, déjà adoptée par Disneyland Paris, gagne du terrain, permettant aux parcs de mieux gérer les flux de visiteurs tout en rendant l’accès plus accessible durant les périodes creuses.

Une industrie en transformation durable
Le marché global des parcs d’attractions devrait croître à un taux annuel composé de 5,5% entre 2024 et 2032. Cette croissance sera alimentée par l’innovation constante, l’amélioration des expériences immersives et l’expansion géographique vers les marchés émergents.
La France et l’Europe consolidant leur position en tant que destinations incontournables, les parcs régionaux français doivent impérativement investir pour maintenir leur attractivité face à la concurrence intra-européenne toujours plus féroce.
L’avenir : investissements colossaux et ambitions renouvelées
Le secteur entre dans une phase d’investissements massifs. Le Parc Astérix avec ses 250 millions d’euros annoncés jusqu’en 2030 ne fait pas exception : d’autres parcs européens s’engagent également dans de vastes programmes de modernisation et d’expansion.
Nigloland poursuit ses rénovations d’infrastructures, le PAL prépare ses prochaines nouveautés, et même Walygator ambitionne de retrouver des niveaux de fréquentation d’avant-crise. Cette dynamique collective traduit une industrie qui ne doute pas de son attrait durable.
« La fréquentation étrangère en France est en hausse, certains de nos concepts comme le Puy du Fou s’exportent à l’étranger, et on observe une forte croissance des parcs régionaux », conclut Maxime Guény. Cette réalité montre qu’au-delà des chiffres du TEA, c’est une renaissance progressive du secteur que nous observons en 2025.
Avec près de 70 millions de visiteurs accueillis chaque année par les 650 parcs de loisirs français, l’industrie des attractions demeure une locomotive économique majeure, portée par une quête permanente d’innovation, de qualité et d’expériences mémorables.




